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Les défis de la filière bovine

Dans les années à venir la filière bovine, notamment les éleveurs allaitants, va devoir faire face à de nombreux défis dans un contexte qui s'apparente pour eux à une triple peine : baisse des prix de vente, augmentation des coûts de production et baisse des aides.
Pour autant, la présence de nombreux labels sur le département landais (Boeuf de Chalosse, Veaux sous la mère) en lien avec l'attrait grandissant des consommateurs pour une alimentation locale et de qualité, laisse présager de perspectives encourageantes.
Les éleveurs sont prêts à relever le défi !
Les défis de la filière bovine

Il y a quelques jours, se déroulait l’Assemblée Générale d’Elvea – Béarn - Pays basque - Landes, association qui regroupe les éleveurs de Veaux sous la mère (Vslm) et de Bœuf de Chalosse et qui remplace maintenant l’Association Bovine landaise.

Au cours de cette assemblée, nous avons échangé sur les futures aides bovines pour la PAC 2023, et, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que mes vaches de race normande, qui complémentent mes vaches de races allaitantes comme tantes pour mes veaux, ne seront plus définies comme vaches allaitantes mais comme vaches laitières !

Cela engendre une baisse de 50 % de la prime, soit 57 € par UGB au lieu de 104 € par UGB. Alors que les veaux issus de ces vaches sont labellisables en Vslm, cherchez l’erreur …

Le Ministère de l’Agriculture propose une diminution de l’enveloppe de 17 millions d’euros par an pour les cinq prochaines années. Cet argent abondera les caisses de l’aide aux protéines végétales, mais pour obtenir cette aide, les éleveurs devront remplir des conditions de production. C’est en fait le jeu des vases communicants, et pour au final, récolter une baisse de 4 % de l’aide pour les éleveurs, soit une baisse de 15 % de leur revenu.

Cela s’apparente à la triple peine : baisse des prix de vente, augmentation des coûts de production et baisse des aides.

Les grands perdants sont toujours les mêmes, à savoir les éleveurs allaitants. Quant aux producteurs de grandes cultures, ils verront le montant de leurs aides se maintenir.

Il est grand temps d’inverser les rôles, mais malheureusement j’ai bien peur que notre cher Ministère actuel ne soit pas de cet avis. En effet, la tendance du moment vise à « punir » les éleveurs, au lieu de les soutenir et les rémunérer à leur juste valeur.

 

Assister un vétérinaire pour faire une césarienne jusqu’au petit matin pour sauver la mère et le veau.

Se lever aux aurores tous les jours, weekend et jours fériés compris, pour nourrir nos bêtes.

Sacrifier les vacances en famille pour le bien être du troupeau.

Ne pas partir l’esprit tranquille quand on s’octroie une journée de détente en famille ou entre copains.

Ne pas savoir si un salaire tombera à la fin du mois.

Ne pas compter ses heures de travail.

Être dépendant de la météo.

 

Pensez-vous que Monsieur DENORMANDIE en ait conscience ? Je ne crois pas.

Cependant s’il lit cet édito, je serai ravi de le recevoir dans mon étable afin de lui dévoiler la réalité du terrain.

 

Malgré tout, je reste positif et espère qu’un jour notre travail sera reconnu à sa juste valeur.

Dans les Landes, nous avons la chance d’avoir le label Bœuf de Chalosse, celui Veaux sous la mère, mais aussi la vente directe, qui nous permettent de sortir notre épingle du jeu en favorisant la qualité, donc le prix, à la quantité.

En parallèle, les consommateurs sont de plus en plus attentifs aux modes de production et à la provenance de leur alimentation. En ce qui concerne la consommation de viande à proprement parlé, privilégier la qualité à la quantité semble être le choix fait par de plus en plus de consom’acteurs. C’est également ce que privilégie le Giec dans son dernier rapport, comme étant une piste logique, voire indispensable, pour répondre aux enjeux du changement climatique.

Tout cela laisse présager des perspectives encourageantes pour nous autres éleveurs. Nous sommes prêts à relever le défi, reste aux pouvoirs publics à faire leur part.

 

Notre métier est dur, chronophage, contraignant, cependant, nous faisons le plus beau des jobs : nourrir les Hommes.

 

Raphaël GENÈZE, membre du bureau de la FSA-Modef

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