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Quel avenir pour la ferme "Landes" ?

Ce vendredi 11 décembre, une nouvelle session Chambre se tenait et mon optimisme fut rapidement douché. Le renouvellement de la présidence aurait pu être une opportunité et un tournant pour notre agriculture. Or les choses restent et resteront inchangées durant ce nouveau mandat, ce qui m’agace fortement. Aussi, je ne mâcherai pas mes mots lors de cet édito.
La première frustration provient encore une fois du manque de démocratie au sein de cette assemblée.
Quel avenir pour la ferme "Landes" ?

Mélanie MARTIN, présidente de la FDJA-Modef des Landes

En début de séance, nous devons élire un nouveau président.e. Pas de problème pour voter, mais vous, vous votez (ou voteriez) sans connaître un programme, sans que ne soient évoquées des orientations ou du moins un semblant de ligne directrice ?

Ce jour-là, les élus-moutons l’ont fait ! Je ne vous parle même pas de notre énième demande d’obtenir un siège au sein du bureau composé de 12 élus. Nous représentons un tiers des agriculteurs landais mais, vous comprenez, accepter une personne de l’opposition parmi les douze membres, c’est vraiment trop compliqué à mettre en place. Le dialogue est une fois de plus impossible.

Dans un deuxième temps, l’année culturale 2020 et ses difficultés sont présentées : gros aléas climatiques, crise de la Covid 19 et influenza aviaire. Les conclusions sont sans appel, les exploitations agricoles landaises subissent une baisse de 30 % des revenus, nous avons perdu 40 élevages bovins allaitants et nous sommes tombés sous la barre de 80 producteurs laitiers. Ce constat est dramatique, il m’attriste réellement et profondément. Cependant, il réveille et anime davantage mon engagement syndical. Depuis trop longtemps, et encore cette année, vous qui travaillez d’arrache-pied, n’allez pas gagner dignement votre vie.

Nous sommes intervenus en ce sens lors de la session, en demandant à la nouvelle présidente quelles sont les perspectives de développement qui permettraient d’enrailler ce phénomène. Car c’est à la chambre d’agriculture de travailler et de « se bouger » pour nous. C’est-elle qui reçoit des financements et perçoit des impôts pour animer, innover et développer le territoire. De plus, parmi les élus chambre, nous avons la chance d’avoir les ténors des organismes économiques et professionnels, et c’est également à eux qu’incombe cette responsabilité de manque de développement. Dans leurs rangs, chaque intervention relève de la défense de leur statut de président auprès de leur organisme et non de celle de l’intérêt général des agriculteurs. Mais une session chambre, ce n’est pas une AG de coopérative... Vous êtes là pour représenter vos collègues qui en « bavent » !!!

Afin que vous puissiez vous faire une idée, voici les thèmes abordés par différents ténors concernant les pistes de développement de l’agriculture landaise : « Le seul levier qui pourra améliorer les revenus en Chalosse, c’est l’accès à l’eau coûte que coûte », « Il faudra également savoir saisir de nouvelles opportunités comme l’agrivoltaïsme », « Nous devons continuer à créer de la valeur ajoutée sur les exploitations avec des cultures comme le maïs semence, les asperges et le kiwi ».

Donc, si vous êtes éleveur bovin en Chalosse, vous choisissez quelles cultures ? Et si vous êtes éleveur de canards, subissant d’ores et déjà la diminution du nombre de bandes, vous faites quoi de vos bâtiments et parcours ? Pas de réponse !

Mes chers collègues, vous n’avez pas attendu cet édito pour apprendre que l’année était difficile et, vous l’avez compris, cette dernière session m’a quelque peu énervée. Mais s’il vous plaît, ne vous résignez pas encore une fois à accepter cette situation catastrophique, notamment dans la filière gras. Vous avez le droit de décrier, de dénoncer, de vous opposer aux choix opérés par les représentants des filières.

Le changement et l’adaptation sont difficiles, mais ne pas subir, réfléchir collectivement, agir et s’indigner, engendrent aussi de la satisfaction. Et, par les temps qui courent, cela fait du bien !

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