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Une nouvelle PAC, mais pas que !

Les modalités de la future PAC se mettent petit à petit en place et le moins que l’on puisse dire est qu’elles ne font pas l’unanimité.
Tout d’abord, concernant les aides du premier pilier, il semblerait que l’on s’oriente vers des changements vraiment marginaux dans la répartition des aides.
Une nouvelle PAC, mais pas que !

Serge Mora, président du Modef des Landes

Le critère de l’emploi n’est pas considéré comme un critère essentiel et la distribution des aides restera toujours proportionnelle aux surfaces puisque plafonnement et dégressivité des aides seraient activés à des niveaux très élevés, favorisant ainsi encore la concentration des fermes.

Pour le deuxième pilier, les budgets cofinancés par les États membres sont revus à la baisse.

Chaque État devra élaborer un plan stratégique national (PSN) qui définira les interventions et les modalités de mise en œuvre de la PAC (et donc des distorsions de concurrence à venir). Toutefois, les PSN devront être approuvés par la Commission européenne.

Le texte définitif de la nouvelle PAC résultera des trilogues entre Commission européenne, Conseil des ministres (de l’agriculture des pays membres) et Parlement européen.

Une analyse de la PAC, réalisée par Laurent LEVARD et consultable sur le site « Urgence transition agricole alimentaire (utaa.fr) », met en avant les incidences contraires à l’intérêt général et les effets anti-paysans du modèle agricole généré par la PAC.

Il y dénonce la responsabilité de ce modèle dans le changement climatique avec la déforestation importée (pour produire soja et huile de palme). De plus, cela entraîne l’effondrement de la biodiversité et contamine les hommes et les écosystèmes (virus Nipah en Thaïlande, Covid 19…).

Enfin, il génère peu de valeur ajoutée car les excédents sont vendus à prix de dumping sur le marché mondial ce qui, en plus, impacte les agriculteurs des pays en voie de développement et, au final, encourage leurs populations à chercher des perspectives d’avenir hors de leur pays.

Les conséquences de cette politique sont connues et s’amplifient toujours.

Le premier point concerne la disparition des paysans qui lassés de vivre avec des revenus de misère, un endettement excessif et des rythmes de travail insupportables soit mettent la clé sous la porte, soit en arrivent à des solutions dramatiques.

Le deuxième élément qui condamne cette PAC est la dépendance totale du revenu paysan aux aides puisque certains systèmes dépendent des financements PAC à 100 %, voire plus. C’est la négation absolue du travail effectué par les paysans pour produire, nourrir la population et entretenir les campagnes.

Et, le « crime » en l’occurrence profite au système agroalimentaire et à la grande distribution qui, grâce à ces aides, peut sous-payer les produits agricoles.

Ce raisonnement poussé à l'absurde pourrait laisser croire que la production agricole va s'effondrer et qu'il faudra donc importer beaucoup plus de produits agricoles avec, de surcroît, moins de garanties sanitaires.

Mais, que le consommateur se rassure, la perte de souveraineté alimentaire n’est pas pour demain car il y a toujours quelqu’un pour prouver aux paysans qu’en continuant à se développer, à investir, à s’endetter, cela ira mieux. Cela dure depuis des décennies et la Ferme France ne cesse de perdre ses agriculteurs.

En persistant dans cette voie là, la PAC fait perdurer un système de la course en avant dans un modèle agroalimentaire dominé par des entreprises toujours plus concentrées et approvisionnées par de gigantesques unités de production.

Nous voyons bien là les limites de cette PAC qui ne répond pas du tout aux attentes économiques, sociales et environnementales des paysans et de la société.

À l’échelle locale, nous avons la parfaite illustration de ce phénomène en production « palmipèdes ». On concentre toujours plus la production (et ce n’est pas fini, bien au contraire) pour produire moins bon pour le consommateur et moins rémunérateur pour l’agriculteur (car il faudra bien amortir les investissements sachant que la hausse des prix n’est absolument pas garantie).

Voilà une partie des défis que la PAC se doit de relever. Apparemment, on constate que rien ne va changer.

La fin des paysans et avec elle la désertification des territoires paraît de plus en plus inéluctable. Et, malheureusement, un certain syndicalisme censé défendre les agriculteurs les enfonce un peu plus chaque jour.

Aussi, soyons fiers de porter un autre message et de démontrer qu’une autre voie est possible.

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